Maria Luque, Ofelia 2, 2006.

ISSN 1958-5136


    Le numéro sept de notre revue réunit  les collaborations d’Isabelle López García (posthume), transition intéressante entre canon littéraire, canon social et figuration des corps rendus monstrueux par le fléau du sida ; de Richard Cleminson, spécialiste de l’histoire de la sexualité (en annexe), ainsi que celles de plusieurs chercheures et chercheurs présent.e.s aux journées d’étude entre Toulouse et Tours :

    Cecilia González analyse le dialogue entre les “anciens et les modernes” à travers la lecture des œuvres de Carmen Boullosa, Griselda Gambaro et Mirta Yáñez ; Emmanuel Le Vagueresse démontre comment “un canon peut en cacher un autre”, en particulier, lorsqu’il s’agit des normes en vigueur dans l’armée et que les impératifs de genre (masculin) semblent s’imposer à tous (et à toutes). Marie-Agnès Palaisi-Robert reprend le canon littéraire des “romans de la Révolution mexicaine” et relit le récit de Cristina Rivera Garza, Nadie me verá llorar, à la lumière, à la fois, de ce canon masculin et masculiniste, s’il en est, et de la lignée des écrivaines telles que Rosario Castellanos, Ángeles Mastretta ou Laura Esquivel, à laquelle, précisément, Rivera Garza prétend échapper.

    Viennent ensuite les monstres…

Caterina Réa propose une approche théorique sur les rapports entre genre et psychanalyse, Patricia Mauclair présente le cas des femmes espagnoles du temps de Goya dont le corps était considéré comme “monstrueux” ; Cecilia González    propose une étude des personnages androgynes et criminels dans la littérature du Rio de la Plata; Brice Chamouleau, enfin, revient sur les corps des hommes, en étudiant les récits d’Eduardo Haro Ibars pour montrer les rapports entre le fascisme à l’espagnole et la stigmatisation des corps “monstrueux”.



                             Mónica Zapata et Pauline Berlage (éditrice adjointe)