Antonio Monteiro, Mani pulite, 2007.

ISSN 1958-5136


    Le présent numéro est dédié à la mémoire de John Reighard et d’Isabelle López García:


Ils ont disparu trop tôt, ou trop vite, ou les deux, tous les deux.

Ils nous manquent déjà car le vide qu’ils laissent, plus que symbolique, est celui de la dette.

Leurs écrits sur la théorie pour l’un, queeriste avant la lettre, sur la fiction, pour l’autre, queeriste de la lettre, nous laisseront comme un goût amer d’inachevé, à nous, amoureux des lettres, les belles, et de toutes les autres, les bizarres et les tordues.
Nous fonctionnerons désormais à la manière de ces lipogrammes auxquels quelque chose fait défaut et où cette privation de l’être est obsessionnellement là.

Pour eux, pour leur engagement et pour leur appétit rabelaisien de vivre, foi de gentilhomme, il vaut mieux pleurer moins et boire davantage.


à John,

à Isabelle


                                        Gérald Larrieu

                                           



                                  



     Alors que les textes de J. Butler ne circulaient qu’en anglais, John les a traduits pour nous. Il avait la passion de la recherche et dépouillait soigneusement toutes les bibliographies qui lui tombaient entre les mains, en quête de documents qui nous seraient utiles pour nos études. C’était un féministe convaincu, respectueux de tous les genres.


   




    Alors que personne, ou presque, ne connaissait l’œuvre de Pedro Lemebel en France, Isabelle nous a fait découvrir ses chroniques. Grâce à elle, à sa thèse et aux travaux  qui ont suivi, nous avons appris à lire et à jouir de ce monde “folle”.

   


            Alors, enfin, que nos lectures freudiennes nous parlaient de la tension Éros/Thanatos, alors que tous les lacaniens nous répétaient que “le plaisir n’existe pas”, John et Isabelle nous ont montré ce qu’est l’instinct de vie.

        

         Pour eux, nous pleurons, oui, et nous buvons aussi.

                                                          Mónica Zapata