[1] Se reporter par exemple au Monde du 12 septembre 2005 ou à Libération des 3 septembre 2005 et 11 février 2006.
[2] On peut penser à Lonesome cowboys d’Andy Warhol (1968) mais aussi à Le gaucher ou L'homme aux colts d'or d’Edward Dmytryk (1959). Lydia Flem (1984) a produit, par ailleurs, une analyse fort intéressante sur les rapports des cow-boys à la masculinité.
[3] « Ennis ran full-throttle on all roads whether fence mending or money spending, and he wanted none of it when Jack seized his left hand and brought it to his erect cock. Ennis jerked his hand away as though he’d touched fire, got to his knees, unbuckled his belt, shoved his pants down, hauled Jack onto all fours and, with the help of the clear slick and a little spit, entered him, nothing he’d done before but no instruction manual needed. They went at it in silence except for a few sharp intakes of breath and Jack’s choked « gun’s going off », then out, down, and asleep. […] They never talked about the sex, let it happen, at first only in the tent at night, then in the full daylight with the hot sun striking down, and at evening in the fire glow, quick, rough, laughing and snorting, no lack of noises, but saying not a goddamn word. » (PROULX, 2005 : 14-15) [« Ennis fonçait toujours pleins gaz en toute circonstance, qu’il s’agisse de réparer les clôtures ou de dépenser de l’argent, et il ne voulut rien savoir quand Jack lui saisit la main gauche et la guida vers sa bite en érection. Ennis écarta sa main comme s’il avait touché du feu, se mit à genoux, déboucla sa ceinture, baissa son pantalon, attira vers lui Jack à quatre pattes et, avec l’aide de la gomina et d’un peu de salive, le pénétra, chose qu’il n’avait jamais faite, mais un mode d’emploi n’était pas nécessaire. Ils s’affairèrent en silence hormis quelques râles, puis Jack, d’une voix étouffée, lâcha « le coup va partir », et ils se séparèrent, retombèrent et s’endormirent. […] Ils ne parlaient jamais de sexe, le laissaient s’accomplir, d’abord seulement sous la tente la nuit, puis en plein jour quand le soleil tapait dur, et le soir à la lueur du feu, rapide, brutal, avec des rires et des grognements, une abondance de bruits, mais sans jamais prononcer un mot. » (PROULX, 2006 : 26-28)] ; « A hot jolt scalded Ennis and he was out on the landing pulling the door behind him. Jack took the stairs two and two. The seized each other by the shoulders, hugged mightily, squeezing the breath out of each other, saying, son of a bitch, son of the bitch, then, and easily as the right key turns the lock tumblers, their mouths came together, and hard, Jack’s big teeth bringing blood, his fat falling to the floor, stubble rasping, wet saliva welling, and the door opening and Alma looking out for a few seconds at Ennis’s straining shoulders and shutting the door again and still they clinched, pressing chest and groin an thigh an leg together, treading on each other’s toes until they pulled apart to breathe and Ennis, not big on endearments, said what he said to his horses and daughters, little darling. » (PROULX, 2005 : 21) [« Une décharge brûlante transperça Ennis et il se retrouva dehors sur le palier, refermant la port derrière lui. Jack gravit les marches deux par deux. Ils se prirent par les épaules, s’empoignèrent vigoureusement, le souffle coupé, répétant, fils de pute, fils de pute, puis aussi facilement qu’une clé tourne dans une serrure, leurs bouches se trouvèrent, se pressèrent durement, les grandes dents de Jack le mordant jusqu’au sang, son chapeau tombé sur le sol, la barbe râpeuse, la salive coulant de leurs bouches, et la porte s’ouvrit, Alma resta quelques secondes à regarder les épaules tendues d’Ennis, referma, et ils continuèrent à s’étreindre, poitrine, ventre, cuisses et jambes emmêlés, se marchant sur les pieds jusqu’à ce qu’ils reprennent enfin leur respiration et qu’Ennis, peu porté sur les mots doux, murmure ce qu’il disait à ses chevaux et à ses filles : petit chéri. » (PROULX, 2006 : 38)] ; et « The room stank of semen and smoke and sweat and whiskey, of old carpet and sour hay, saddle leather, shit and cheap soap. Ennis lay spread-eagle, spent and wet, breathing deep, still half tumescent, Jack blowing forceful cigarette clouds like whale spouts, and Jack said, « Christ, it got a be all that time a yours a horseback makes it so goddamn good. We got to talk about this. » (PROULX, 2005 : 23-24) [« La chambre empestait le sperme, la fumée, la sueur et le whisky, la vieille moquette et le foin aigre, le cuir de selle, la merde et le savon bon marché. Ennis gisait bras et jambes écartés, vidé et humide, pantelant, encore tumescent, pendant que Jack soufflait de vigoureux nuages de fumée qui semblaient sortir des évents d’une baleine ; il disait : « Putain, c’est sûrement tout ce temps que tu passes à cheval qui fait que c’est si bon. Faudra qu’on en parle. » (PROULX, 2006 : 42)].
[4] L’expression « panique homosexuelle » qui a été remise au goût du jour par Eve Kosofsky Segwick désigne la peur ressentie par une personne face à ses propres sentiments homoérotiques ou homosexuels (SEGWICK, 1985 : 83-96 ; 1990 : 19-21, 138-139, 182-212).
[5] « De sus deudos nada se sabe y ni de dónde vinieron » (BORGES, 1991 : 60) [« on ignorait qui étaient leurs parents et d’où ils étaient venus. » (BORGES, 1971 : 51)].
[6] « Sé que eran altos, de melena rojiza. Dinamarca o Irlanda» (BORGES, 1991 : 58-60) [« On m’a dit qu’ils étaient grands et qu’ils avaient des cheveux roux. Du sang venu du Danemark ou d’Irlande » (BORGES, 1971 : 51)].
[7] « Físicamente diferían del compadraje que dio su apodo forajido a la Costa Brava » (BORGES, 1991 : 58) [« Ils différaient physiquement des gens de leur milieu, à qui la Costa Brava doit son surnom évocateur. » (BORGES, 1971 : 51)].
[8] « Esto, y lo que ignoramos, ayuda a comprender lo unidos que fueron » (BORGES, 1991 : 58) [« Cela, et le reste que nous ignorons, permet de comprendre le bloc qu’ils formaient. » (BORGES, 1971 : 51)].
[9] « cego, de nascença » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 35).
[10]« sou nascido diferente » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 15).
[11]« The Old Gent » « The Old Lady ».
[12] « Ennis, reared by his older brother and sister after their parents drove off the only curve on Dead Horse Road leaving them twenty-four dollars in cash and a two-mortgage ranch, applied at age fourteen for a hardship license that let him make the hour-long trip from the ranch to the high school. The pickup was old, no heater, one windshield wiper and bad tires; when the transmission went there was no money to fix it. He had wanted to be a sophomore, felt the word carried a kind of distinction, but the truck broke down short of it, pitching him directly into ranch work. » (PROULX, 2005 : 4-5) [« Ennis, pris en charge par son frère et sa sœur plus âgés après que leurs parents eurent manqué le seul virage de la Dead Horse Road en leur laissant vingt-quatre dollars en liquide et deux hypothèques sur le ranch, avait fait à quatorze ans une demande spéciale de permis de conduire qui lui permettait de faire le trajet d’une heure du ranch au lycée. Le pick-up était vieux, sans chauffage, avec un seul balai d’essuie-glace et des pneus lisses ; le jour où la transmission lâcha, il n’avait pas un sou pour la réparer. Il aurait voulu être bachelier, il trouvait que ça vous posait, mais le pick-up tomba en panne juste avant, le renvoyant irrémédiablement aux travaux du ranch. » (PROULX, 2006 : 9-10)].
[13]« And I don’t want a be dead. There was these two old guys ranched together down home, Earl and Rich – Dad would pass a remark when he seen them. They was a joke even though they was pretty tough old birds. I was what, nine years old and they found Earl dead in a irrigation ditch. They’d took a tire iron to him, spurred him up, drug him around by his dick until it pulled off, just bloody pulp. What the tire iron done looked like pieces a burned tomatoes all over him, nose tore down from skidding on gravel. » « You seen that ? » « Dad make sure I seen it. Took me to see it. Me and K.E. Dad laughed about it. Hell, for all I know he done the job. If he was alive and was to put his head on that door right now you bet he’d go get his tire iron. » (PROULX, 2005 : 29-30) [« Et je veux pas me retrouver mort. Il y avait ces deux vieux qui s’occupaient ensemble d’un ranch près de la maison, Earl et Rich – papa faisait des commentaires quand il les voyait. Tout le monde se moquait d’eux, et pourtant c’était des vieux oiseaux plutôt durs à cuire. J’avais à peu près neuf ans quand on trouva Earl mort dans un fossé d’irrigation. Ils lui étaient tombés dessus avec un démonte-pneu, l’avaient défoncé, tiré par sa bite jusqu’à ce qu’elle soit arrachée, rien qu’une pulpe rouge. Ce que le démonte-pneu avait fait on aurait dit des tomates brûlées répandues sur tout son corps, son nez était déchiré d’avoir raclé sur le gravier. – Tu as vu ça ? – Papa voulait être sûr que je le voie. Il nous a emmenés lui-même, K. E. et moi. Y se marrait. Merde, autant que je puisse le savoir, c’est lui qui l’avait fait. S’il vivait encore et passait la tête par la porte en ce moment même, tu peux parier qu’il sortirait son démonte-pneu. » (PROULX, 2006 : 51-53)].
[14]« he was infatuated with the rodeo life » (PROULX, 2005 : 7).
[15]« his father had been a pretty well known bullrider years back but kept his secrets to himself, never gave Jack a word of advice, never came once to see Jack ride » (PROULX, 2005 : 12).
[16]« the boy moved with the slightest feminine twitch of hips » (SAVAGE, 2001 : 226).
[17] « when the first sharp whistle flew like an arrow as the boy passed the second tent ; the whistle men give a girl. » (SAVAGE, 2001 : 226).
[18] Le mot est mentionné explicitement (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 324 ; GUIMARÃES ROSA, 1991 : 445). Par ailleurs, il a les « traits fins », une voix « très légère » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 119) [« finas feições », « a voz mesma, muito leve » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 81)], « une main fine, douce et chaude » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 120) [« una mão bonita, macia e quente » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 81)], « blanche, avec des doigts délicats » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 123) [« branca, com os dedos dela delicados » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 84)], de « longs cils mémorables », « le nez fin doucement effilé » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 155) [« das compridas pestanas », « o nariz fino » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 107)], il dégage de la douceur (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 421 ; GUIMARÃES ROSA, 1968 : 305), etc.
[19] « Diadorim – nú de tudo. E ela disse : – « A Deus dada. Pobrezinha… » E disse. Eu conheci ! Como em todo o tempo antes eu não contei ao senhor – e mercê peçà : – maspara o senhor divulgar comigo, a par, justo o travo de tanto segrêdo, sabendo sòmente no átimo e mie eu tambén só soube… Que Diadorim era o corpo de una mulher, môça perfeita… Estarreci. A dôr não pode mais do que a surprêsa. A côice d’arma » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 453) [« Diadorim – nu de la tête aux pieds. Et elle dit : « Rendue à Dieu. Pauvre petite… » Elle dit. Et je sus. Ce que tout le temps qui a précédé, je ne vous ai pas raconté – et ne m’en veuillez pas : – mais afin que vous découvriez avec moi, d’égal à égal, l’exacte âpreté d’un pareil secret, et appreniez seulement à l’instant ce que moi aussi j’appris seulement alors…Que Diadorim était un corps de femme, une jeune fille dans sa perfection… Je restai atterré. La douleur ne peut pas plus que la surprise. Un coup de crosse. » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 614-615)].
[20]Voir l’épisode avec Queue-de-Bouc : « Consoante falou soez, com soltura, com propósito na voz » et « se mexeu de modo, fazendo xetas, mengando e castanhetando, numa dansa de furta-passo » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 123) [« marmonna une grossièreté, grivoise, une insinuation dans la voix » et « commença à minauder et envoyer des petits baisers, à se déhancher et faire des castagnettes, en esquissant un pas de danse » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 176-177)].
[21]« brigar » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 45).
[22]« criatura paga para crimes, impondo o sofrer no quieto arruado dos outros, matando e roupilhando. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 169).
[23]« They wore gloves roping, fencing, branding, pitchinghay out to cattle, even simply riding, running horses or trailing cattle. All of them, that is, except Phil. He ignored blisters, cuts and splinters and scorned those who wore gloves to protect themselves. His hands were dry, powerful, lean. » (SAVAGE, 2001 : 3-4).
[24] « Jack was pumping up a flat on the truck out on a back road when the tire blew up. The bead was damaged somehow and the force of the explosion slammed the rim into his face, broke his nose and jaw and knocked him unconscious on his back. By the time someone came along he had drowned in his own blood. No, he trought, they got him with the tire iron. » (PROULX, 2005 : 45) [« Jack regonflait un pneu de pick-up sur une route isolée et le pneu avait éclaté. Le bourrelet du pneu était endommagé et la force de l’explosion lui avait projeté la jante au visage, cassé le nez et la mâchoire et l’avait laissé inconscient sur le dos. Quand quelqu’un était passé par là, il était mort, noyé dans son sang. Non, pensa-t-il, ils l’ont eu avec le démonte-pneu. » (PROULX, 2006 : 78-79)].
[25]« if you and me had a little ranch together, little cow and calf operation, your horses, it’d be some sweet life. » (PROULX, 2005 : 28) ; et « Jack used a say, “Ennis del Mar, I’m goin a bring him up here one a these days and we’ll lick this damn ranch into shape”. He had some half-baked idea the two a you was goin a move up here, build a log cabin and help me run this ranch and bring it up. » (PROULX, 2005 : 49) [« Jack disait souvent : “Ennis del Mar, un de ces jours je vais le faire venir ici et nous retaperons ce foutu ranch en un clin d’œil.” Il avait comme ça une idée derrière la tête que tous les deux vous viendriez vous installer ici construire une cabane en rondins, et m’aider à exploiter ce ranch et à le remettre sur pied. » (PROULX, 2005 : 85)].
[26] « if you can’t fix it you’ve got to stand it. » (PROULX, 2005 : 55).
[27]Diadorim se fait aussi appeler Reinaldo : « Riolbado… Reinaldo… » – de repente êle deixou isto em dizer : – « … Dão par, os nomes de nós dois… » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 112) [(« Riobaldo… Reinaldo… » – il se prit à dire tout à coup : « … Ils font la rime, nos noms à tous les deux… » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 161)].
[28]« com pessoa minha no meu lado » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 23).
[29]« Diadorim, meu amor… » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 221) ; « Meu amor !... » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 454).
[30]« par de homens » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 403).
[31] « A fé, era um rapaz, mulato, regular uns dezoito ou vinte anos ; mas altado, forte, com as feições muito brutas. Debochado, êle disse isto : – Vocês dois, uê, hem ?! Que é que estão fazendo ?...” Aduzido fungou, e, mão no fechado da outra, bateu um figurado indecente. Olhei para o menino. Êsse não semelhava ter tomado nenhum espanto, surdo sentado ficou, social com seu prático sorriso. – “Hem, hem ? E eu ? Também quero !” –o mulato veio insistindo. E, por aí, eu consegui falar alto, contestando, que não estávamos fazendo sujice nenhuma, estávamos era espreitando as distâncias do rio e o parado das coisas. Mas, o que eu menos esperava, ouvi a bonita voz do menino dizer : – “Você, meu nêgo ? Está certo, chega aqui…” A fala, o jeito dêle, imitavam de mulher. Então, era aquilo ? E o mulato, satisfeito, caminhou para se sentar juntinho dêle. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 84-85) [« En fait, c’était un mulâtre, l’air dans les dix-huit ou vingt ans, mais grand, fort, avec des traits très grossiers. D’un ton grivois, il dit ceci : “Ouais, vous deux ?! Qu’est-ce que vous êtes en train de faire, hein ?... ” Il renifla, l’air entendu, et un doigt dans un autre poing serré, il fit un geste obscène. Je regardai mon compagnon. Resté sourd et assis, civil avec son sourire habituel, il ne paraissait pas avoir éprouvé la moindre surprise. “Hein, hein ? Et moi ? Je veux moi aussi !”, insista le mulâtre en s’avançant. Là, je réussis à élever la voix, je protestais, que nous n’étions occupés à aucune saleté, nous ne faisions qu’inspecter les lointains du fleuves et l’immobilité des choses. Mais, ce à quoi je m’attendais le moins, j’entendis la voix harmonieuse du garçon dire : “Toi, mon joli ? Tu as raison, viens là…” Le ton, son attitude, imitaient les manières d’une femme. Alors, c’était ça ? Et le mulâtre, satisfait, vint s’asseoir contre lui. » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 124)].
[32]« fiquei sabendo que gostava de Diadorim – de amor mesmo amor, mal encoberto em amizade. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 220).
[33]« não é muito de conversa continuada nem de amizades estreitas : a bem êles se misturam e desmituram, de acaso, mas cada uméfeito um por si. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 25).
[34]« A verdade que com Diadorim eu ia, ambos e todos. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 243).
[35] « sentimento meu ia-voava reto para êle… » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 19) [« mes sentiments allaient-volaient droit vers lui… » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 35)] ; « Diadorim pôs mão em meu braço. Do que me estremeci, de dentro » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 32) [« Diadorim posa la main sur mon bras. Ce qui me fit frissonner, de l’intérieur » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 53)] ; « agora eu estava vergonhoso, perturbado. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 81) [« J’étais maintenant gêné, troublé » (Guimarães Rosa, 1991 : 120)] ; et « E o menino pôs a mão na minha. Encostava e ficava fazendo parte melhor aminha pele, no profundo,déesse a minhas carnes alguma coisa. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 84) [« Et le garçon mit sa main sur la mienne. Il l’appuyait et je la sentais devenir la part la meilleure de ma peau, profondément comme s’il transmettait quelque chose à mes chairs » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 123)].
[36]« E em mim a vontade de chegar todo próximo, quase uma ânsia de sentir o cheiro do corpo dêle, dos braços » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 114).
[37] « De repente, uma coisa eu necessitei de fazer. Fiz : fui e me deitei no mesmo dito pelego, na cama que êle Diadorim marcava no capim, minha cara posta no própio lugar. […] Por não querer meu pensamento sòmente em Diadorim. (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 135).
[38] « Cobiçasse de comer ebeber os sobejos dêle, queria pôr a mão onde êle tinha pegado. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 240).
[39]« um máu amor oculto » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 65).
[40]« vícios desencontrados » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 114).
[41]« dum jeito condenado » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 74).
[42]« o amor assim pode vir do demo ? Poderá ?! » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 108).
[43]« o amor podia vir mandado do Dê ? (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 109).
[44]« como un feitiço » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 114). On retrouve cette idée dans Brokeback Mountain associée à l’idée de chute : « The mountain boiled with demonic energy, glazed with flickering broken-cloud light, the wind combed the grass and drew down from the damaged krummholz and slit rock a bestial drone. As they descended the slope Ennis felt he was a slow-motion, but headlong, irreversible fall. » (PROULX, 2005 : 16-17) [« La montagne bouillonnait d’une énergie démoniaque, miroitait par intermittence sous la lueur qui déchirait les nuages, le vent couchait l’herbe et tirait des arbres nains et des roches fendues un mugissement animal. Alors qu’ils descendaient la pente, Ennis eut l’impression de faire une chute au ralenti, irréversible, la tête la première. » (PROULX, 2006 : 30-31)].
[45]« De Diadorim eu devia de conservar um nôjo. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 240).
[46]« Ennis said, “I’m not a queer”, and Jack jumped in with “Me neither. A one-shot thing. Nobody’s business but ours”. » (PROULX, 2005 : 15) [« Ennis dit : “Suis pas pédé”, et Jack enchaîna : “Moi, non plus. C’est parti comme un boulet. Regarde personne que nous” » (PROULX, 2006 : 28)].
[47]« One reason he hated booze, he was afraid of it, afraid of what he might tell » (SAVAGE, 2001 : 17) [« S’il détestait boire, c’était entre autres parce qu’il avait peur, oui, peur de ce qu’il risquait de révéler. » (SAVAGE, 2002 : 29)].
[48]« Miss Nancy » (SAVAGE, 2001 : 169).
[49]« Little Lord Fauntleroy » (SAVAGE, 2001 : 224).
[50]« this little monster not boy and not girl » (SAVAGE, 2001 : 225).
[51]« Phil always did the castrating ; first he sliced off the cup of the scrotum and tosse dit aside ; next he forced down first one and then the other testicle, slit the rainbow membrane that enclose dit, tore it out, and tosse dit into the fire were the branding irons glowed. There was surprisingly little blood. In a few moments the testicles exploded like huge popcorn. » (SAVAGE, 2001 : 3).
[52]« did quickly what she hated » (PROULX, 2005 : 19) [« faisait à la hâte ce qu’elle détestait » (PROULX, 2006 : 35)] ; et « what you like to do don’t make too many babies » (PROULX, 2005 : 31) [« avec ce que tu aimes faire on risque pas d’avoir beaucoup de bébés. » (PROULX, 2006 : 55)].
[53]« the offensive odor of women, and the Old Gent’s shaving mug and set of straight razors couldn’t fumigate it » (SAVAGE, 2001 : 101).
[54]« Like prize beef » (SAVAGE, 2001 : 103).
[55]« II Reyes 1 : 26 » (BORGES, 1991: 58).
[56]« “Twenty-five years. Sort of makes it sort of a silver anniversary, or whatever”, Phil said, “don’t it ?” » (SAVAGE, 2001 : 16). [« “Vingt-cinq ans. C’est un peu comme des noces d’argent, ou un truc de ce genre”, dit Phil. “S’pas ?” » (SAVAGE, 2002 : 28)].
[57]« lo que ignoramos, ayuda a comprender lo unidos que fueron » (BORGES, 1991 : 58).
[58]« calaveras » (BORGES, 1968 : 58).
[59]« sus episodios amorosos habían sido hasta entonces de zaguán o de casa mala » (BORGES, 1968 : 58).
[60]« a su vuelta llevó a la casa una muchacha, que había levantado por el camino, y a los pocos días la echó » (BORGES, 1991 : 58-60) [« à son retour il amena à la maison une jeune femme qu’il avait levée sur sa route et qu’il renvoya au bout de quelques jours » (BORGES, 1971: 52)].
[61]« Es verdad que ganaba así una sirvienta » (BORGES, 1991 : 60) [« Il est vrai qu’il y gagnait une servante » (BORGES, 1971: 51)]; « la lucía en las fiestas » (BORGES, 1991 : 60) [« il l’exhibait dans les bals » (BORGES, 1971: 51)].
[62]« y prefirieron desahogar su exasperación con ajenos. Con un desconocido, con los perros, con la Juliana, que habían traído la discordia » (BORGES, 1991 : 60) [« et ils préférèrent épancher leur bile sur des étrangers. Sur un inconnu, sur des chiens, sur Juliana qui avait amené avec eux la discorde. » (BORGES, 1971 : 54)].
[63]« Ahí la tenés a la Juliana ; si la querés, usala » (BORGES, 1991 : 62) [« Je te laisse Juliana ; si tu la veux, tu peux la prendre. » (BORGES, 1971 : 52)] ; « Sin explicarle nada la subieron a la carreta y emprendieron un silencioso y tedioso viaje. Ahí la vendieron a la patrona del prostíbulo. El trato ya estaba hecho ; Cristián cobró la suma y la dividió después con el otro. » (BORGES, 1991 : 60) [« Sans lui fournir d’explication, ils la firent monter dans la carriole et ils se mirent en route pour un voyage qui fut pénible et où personne n’ouvrit la bouche. […] Là, ils la vendirent à la patronne du bordel. Le marché avait été conclu d’avance ; Christian reçut une somme qu’il partagea avec son frère. » (BORGES, 1971 : 53)].
[64]« sórdida unión » ; « monstruoso amor » (BORGES, 1991 : 60, 62).
[65]« Hoy la maté. Que se quede aquí con su pilchas, ya no hará más perjuicios. Se abrazaron, casi llorando. Ahora los ataba otro círculo : la mujer tristemente sacrificada y la obligación de olvidarla » (BORGES, 1991 : 64).
[66] « E êle me indagou qual tinha sido o fim, na verdade de realidade, de Davidão e Faustino. O fim ? Quem sei. Soube sòmente só que o Davidão resolveu deixar a jagunçagem – deu baixa do bando, e, com certas promessas, de ceder uns alqueires de terra, e outras vantagens de mais pagar, conseguiu do Faustino dar baixa também, e viesse morar perto dêle, sempre. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 67) [« Et lui m’a demandé quelle fin avaient fait, en vrai, dans la réalité David et Faustino. La fin ? Qui sait, j’ai seulement entendu dire que David résolut de mettre un terme à sa vie de jagunço – il planta là la bande et, contre certaines promesses, comme de lui céder quelques hectares de terre, plus d’autres avantages et compléments en argent, il obtint de Faustino que celui-ci laisse tomber également, et vienne habiter près de lui, pour toujours. » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 101)] ; « Escuta, Diadorim : vamos embora da jagunçagem, que já é o despois-de-véspera, que os vivos também têm de viver por só si, e vingança não é promessa a Deus, nem sermão de sacramento. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 283) [« Ecoute, Diadorim : partons, laissons cette vie de jagunços, que c’est déjà demain-la-veille, et parce que les vivants aussi doivent vivre pour eux seuls, et la vengeance n’est ni une promesse faite à Dieu, ni une formule de Sacrement. » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 391)] ; et « … Mas, porém, quando isto tudo findar, Diá, Di, então, quando eu casar, tu deve de vir vive rem companhia com a gente, numa fazenda, em boa beira do Urucúia. » (GUIMARÃES ROSA, 1968 : 445) [« … Mais, pourtant, quand tout cela va prendre fin, Dia, Di, et que je vais me marier, il faut que tu viennes vivre avec nous en notre compagnie, dans une fazenda, sur la bonne rive de l’Urucuia. » (GUIMARÃES ROSA, 1991 : 604)].
[67] « The shirt seemed heavy until he saw there was another shirt inside it, the sleeves carefully worked down inside Jak’s sleeves. I twas hos own plaid shirt, lost, he’d thought, long ago in some damn laundry, his dirty shirt, the pocket ripped, buttons missing, stolen by Jack and hidden here inside Jack’s own shirt, the pair like two skins, one inside the other, two in one. He pressed his face into the fabric and breathed in slowly through his mout hand nose, hoping for the faintest smoke and mountain sage and salty sweet stink of Jack but there was no real scent, only the memory of it, the imagined power of Brokeback Mountain of which nothing was left but was he held in his hands. » (PROULX, 2005 : 51-52) [« La chemise lui parut lourde et il découvrit qu’il y en avait une autre à l’intérieur, les manches soigneusement enfilées dans celles de Jack. C’était sa propre chemise à carreaux, perdue depuis longtemps, avait-il cru, dans une putain de blanchisserie, sa chemise sale, la poche arrachée, les boutons en moins, volée et dissimulée par Jack à l’intérieur de sa propre chemise, comme deux peaux, l’une à l’intérieur de l’autre, deux en une. Il enfouit son visage dans l’étoffe et respira lentement par le nez et la bouche, espérant y trouver la légère odeur de fumée et de sauge, le goût salé de la sueur de Jack, mais il n’y avait rien à sentir, seulement son souvenir, le pouvoir imaginaire de Brokeback Mountain dont il ne demeurait rien sinon ce qu’il tenait dans ses mains. » (PROULX, 2006 : 90)].
[68] « What Jack remembered and craved in a way he could neither help nor understand was the time that distant summer on Brokeback when Ennis had come up behind him and pulled him close, the silent embrace satisfying some shared and sexless hunger. They had stood that way for a long time in front of the fire, its burning tossing ruddy chunks of light, the shadow of their bodies a single column against the rock. The minutes ticked by from the round watch in Ennis’s pocket, from the stiks in the fire settling into coals. Stars bit through the wavy heat layers above the fire. Ennis’s breath came slow and quiet, he hummed, rocked a little in the sparklight and Jack leaned against the steady heartbeat, the vibrations of the humming like faint electricity and, standing, he fell into sleep that was not sleep but something else drowsy and tranced until Ennis, dredging up a rusty but still useable phrase from the childhood time before his mother died, said. […] Later, that dozy embrace solidified in his memory as the single moment of artless, charmed happiness in their separate and difficult lives. Nothing marre dit, even the knowledge that Ennis would not then embrace him face because he did not want to see nor feel that it was Jack he held. And maybe, he thought, they’d never got much farther than that. Let be, let be. » (PROULX, 2005 : 43 44).